Les Mangeurs de Lune

BALAPHONICS

Aurillac est rarement cité comme le point de passage incontournable qui mène aux musiques africaines. Pourtant, c’est là le départ de l’aventure Balaphonics.

Quand, en croisant une fanfare (L’Espérance de Saint_Coin) guidée par les lames xylophone, deux musiciens alors en vadrouille scénique avec leur groupe Arat Kilo, sont percutés par une vision prophétique : celle d’un groupe de rue qui mêlerait la puissance festive des cuivres non pas au son classique du xylophone, mais au son grésillant d’un instrument venu d’Afrique de l’Ouest et nommé balafon. Quelques jours à peine après cette inspiration artistique, un troisième acolyte est mis dans la boucle. Il revient d’un tour du monde, le sousaphone est son instrument de prédilection ; il répond présent et compose une quinzaine de titres dans un temps que d’autres prennent pour réfléchir à un arrangement insignifiant.
La suite logique passe par un recrutement de renforts à tous les postes : un brass band baraqué comme un power-lifter (sousaphone, saxophones baryton et ténor, trombone, trompette) une section rythmique infernale, percussions et batterie (d’abord scindée en deux puis finalement réunie en une seule pièce), une guitare et, bien sûr, un balafon composent aujourd’hui la photo d’identité des Balaphonics.
Un groupe qui, depuis ses bases françaises, se remplit les poumons des bourrasques musicales venues du continent originel. L’afrobeat combattant du Nigéria, le highlife dansant du Ghana, le bikutsi Camourenais ou la musique Mandingue d’Afrique occidentale sont autant d’influences que les neuf musiciens ont infusé dans la soul, mixé à du jazz, greffé sur du funk.